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L’indispensable inutilité de Facebook (5) : clichés de vacances | Flashzone

L’indispensable inutilité de Facebook (5) : clichés de vacances

4 octobre 2014 / Facebook / 0 Comments

Lola et Romain sont en couple. Lola a 26 ans, lui 28. Bien qu’ils ne s’en souviennent plus très bien, ils se sont rencontrés par hasard, à la fin d’un open bar organisé par leur école de commerce. Ensemble depuis 5 ans, ils vivent dans un deux-pièces -meubles et luminaires Ikéa- dans le 10ème arrondissement de Paris. Lui est commercial, aime l’ambiance du parc des Princes, son appareil photo et ses abdominaux qu’il travaille bi hebdomadairement à la salle. Elle est attachée de presse, aime lire Grazia, sécréter de la mélanine en terrasse (fait souvent les deux en même temps) et pratique le yoga pilates, de manière bi hebdomadaire également. Comme chaque année, le choix des vacances fut un moment délicat. Après quelques soirées passées à dormir sur le canapé, Romain a fini par accepter la proposition de Lola. Deux semaines dans un club vacances à Saint Raphaël, à quelques kilomètres de Saint Tropez. « Une affaire », selon Lola, pas peu fière de s’être inscrit sur voyage-privée.com. Un site « quali » qu’elle avait découvert dans Grazia deux semaines auparavant, juste avant d’apprendre qu’Uranus  allait avoir une influence positive sur sa vie conjugale. Quelques jours avant le départ, l’excitation est à son comble pour le jeune couple.

  • J-4 avant les vacances, open-space de Romain

J-4 3

Romain est irrité. Le recrutement du PSG ne le satisfait guère. De plus, voilà deux semaines qu’il n’a pas vendu le moindre aspirateur. Son bonus de vente risque de passer à la trappe. Encore la faute du gouvernement. Satanés socialistes. Pour couronner le tout, il se ressent encore de son mal de dos, héritage de ses nuits sur un canapé Ikea. On ne lui reprendra plus à acheter suédois. Seul dans son bureau, ses collègues étant en vacances, Romain ère sur internet. Après avoir lu l’intégralité des articles de l’équipe.fr, Romain s’est rabattu sur une valeur sûre : Facebook. D’abord réfractaire, Romain s’est rapidement converti au réseau social. Il en est désormais un adepte quotidien, pour ne pas dire constant. Malgré les remontrances de Lola, il n’a encore jamais pu arrêter. Il a d’ailleurs totalement abandonné la perspective de vivre sans. Tu ne te rends pas compte, qu’est-ce que je ferais au bureau sinon ? lui rappelle-t-il souvent. Après avoir rapidement survolé un message de Lola lui rappelant de ne pas oublier le gruyère pour les lasagnes, Romain s’arrête sur sa Timeline, éberlué. En 5 ans de Facebook, il n’avait encore jamais vu cela. Devant lui, le grand bleu. Une mosaïque de piscine s’offre à lui. Tous les types de bassin sont présents : horizon mer, horizon camping, à bulle, à transat, en bois, en plastique, olympique, couverte, surveillé, carré, rectangulaire, ovale. Bref, un vrai flyer pour la baignade en espace clos. Le tour du monde en 80 piscines. Bluffé, Romain reste dans voix devant l’imagination commune que partagent ses contacts. Un détail attire pourtant son attention. Les piscines s’accompagnent systématiquement d’un zoom sur les doigts de pied de l’auteur de la photo, qui les place dans une subtile volonté de discrétion, au premier plan de l’image. Toujours en éventails, ils sont généralement au nombre de 10 (quoiqu’un examen attentif des images lui réserve parfois des surprises). Mais Romain ne s’y attarde pas. Il n’est pas podologue, il n’est pas dans sa compétence de juger la santé de la voûte plantaire de ses contacts. Il ne peut néanmoins s’empêcher de s’inquiéter de la recrudescence des fétichiste des pieds parmi ses amis. 

  • J-2 avant les vacances, sur la terrasse d’un (restaurant) thaïlandais :

Bo bun

Comme tous les jeudis, Lola mange thaïlandais avec ses collègues. Leurs cartes de fidélité en attestent, toutes partagent une vraie passion pour le Bo Bun. Aujourd’hui, Lola est heureuse, son horoscope ne s’était pas trompé. Les choses se sont arrangées avec Romain. Et son régime Dukan, entamé 6 mois auparavant, comble (presque) toutes ses attentes. Elle va pouvoir mettre son tout nouveau bi-ki-ni, acquis durant les soldes à un « prix défiant toute concurrence » précise-t-elle à ses collègues avec une pointe de fierté non dissimulée. Profitant d’un réquisitoire de sa collègue contre son « mec qui laisse trainer son linge sale par terre », Lola se connecte sur Facebook. Elle vient de recevoir un message de Romain, qui lui rappelle qu’il l’aime et de ne pas oublier d’aller chercher sa chemise au pressing. Son activité débordante sur Facebook au bureau me surprendra toujours. J’ai bien trop de travail pour y passer autant de temps, songea-t-elle alors que les mots « lunette » et « toilette » lui firent comprendre que sa collègue avait commencé un nouveau réquisitoire.

  • J-1 avant les vacances, appartement Ikea du couple 

Revigoré par la vente d’un pack d’aspirateurs lors de sa dernière journée de travail, Romain est fin prêt pour partir. Sa valise expédiée –tongs et maillots de Zlatan inclus-, la pression des pneus vérifiée et celle du frigo avalée, Romain se couche avec l’impatience d’un puceau entrant au bordel. Lola, elle, n’est pas encore couchée. On ne va quand même pas partir en laissant l’appartement dans cet état. Après un nettoyage rapide et méthodique, où elle put vérifier que sa collègue disait vrai sur les problèmes qu’entretiennent les hommes avec le panier à linge, l’épreuve de la valise s’offre à elle. Lola déteste les valises, qu’elle juge trop petite. Elle suspecte les fabricants de valise de mentir sur la capacité de ces dernières. Mais cette année, elle a prévu le coup, elle a décidé de n’emmener que 2 paires de chaussures, en plus de ses tongs. Son effort ne fut pas récompensé par la valise, qui lui renvoya une fin de non-recevoir alors qu’elle négociait le rajout de quelques ensembles supplémentaires. Ils ne vont quand même pas rester dans l’armoire ceux-là, je ne les ai même pas encore mis cette année. Après quelques dizaines de minutes de haut niveau de géométrie dans l’espace, la valise était bouclée. Ce soir là, Lola se coucha exténuée, mais triomphante : elle avait vaincu la fourberie des fabricants de valises. 

  •  H+5 après le départ, sur l’autoroute du soleil et de la circulation en accordéon

Les bouchons. Romain les avait vus venir. Il le lui avait bien dit, pourtant, de se dépêcher un peu. Mais comme d’habitude, elle n’en a fait qu’à sa tête. Voilà le résultat. Bloqué dans un bouchon, entre Livron sur Drôme et Montélimar. Et pourquoi diable a-t-elle mis Radio Autoroute ? Des croques morts radiophoniques avec la programmation musicale d’un comptable en cours de licenciement. Ce n’est pas ça qui va nous faire avancer plus vite.

Lola : Tu changes la radio ?

Romain : Non, je joue au ping pong.

Lola : Rohhh, t’es chiant. Ils allaient proposer un itinéraire bis pour la côte, ça nous permettrait d’éviter les bouchons.

Romain : Pas de ma faute si on y est…

Lola : Hein ?

Romain : C’est quand même pas de ma faute si on y est dans les bouchons ! Alors, t’es gentille, mais j’en ai un peu marre de radio-pompes-funèbres. Je mets Fun Radio.

Lola : Attends, t’es en train de dire que c’est de ma faute peut-être ?

Romain : Ben évidemment ! Je n’ai pas passé 45 minutes dans la salle de bain ce matin. Moi !

Lola : Tu te moques de moi j’espère ? C’est toi qui as rangé la vaisselle peut-être ? C’est toi qui as fait les sandwichs ? C’est toi qui as fermé les volets ?

Romain : Non, mais ce n’est pas la question.

Lola : Ben évidemment que si, c’est la question ! Et puis j’en ai vraiment marre que tu laisses traîner tes habits dans tout l’appart !

Romain : Non mais là, ce n’est vraiment pas la question.

Lola : …

Romain : Et puis t’étais vraiment obligé de refaire ta valise ce matin ?

Lola : Elle a lâché dans la nuit ! J’y peux rien, c’est la faute des fabricants !

La mise en cause du sérieux des professionnels du bagage marqua la fin de la dispute. Tandis que Romain s’interrogeait sur le sens de la dernière phrase–qu’avait-elle bien pu vouloir dire avec cette histoire de fabricants?- Lola s’essuya les yeux pour réprimer une larme. Des efforts, j’en fais tous les jours et il n’y porte jamais la moindre attention. Toujours à pianoter sur ses écrans. La dernière fois qu’il m’a dit qu’il m’aimait ? C’était sur mon mur Facebook pour mon anniversaire. Le dernier compliment ? Un like sur ma photo de profil. Pour ne rien arranger, à la radio, David Guetta organise un relais musical électro-dance avec Bob Sinclar. Décidément, rien ne me sera épargné aujourd’hui, rumina-t-elle dans un soupir.

  • J+1. Saint Raphaël, quelque part près de la piscine du club

Pour Romain, la brouille de la veille est déjà loin. Il faut dire que la piscine du club le ravit. Elle est largement assez grande et suffisamment bleue pour pouvoir la poster sur Facebook. Avec cette couleur-là, même pas besoin de la retoucher sur Instagram assura-t-il plein d’enthousiasme à Lola, qui acquiesça poliment. Orienté par son âme d’artiste, Romain se leva à 7 heures du matin afin de profiter des couleurs de l’aube. C’est certainement pour cette même raison qu’il se coupa les ongles des pieds avant de se diriger vers le bassin. Romain avait effectivement tout prévu. En plus du coupe-ongle, il s’était fait servir un cocktail en dépit de l’étonnement du barman, surpris par un alcoolisme aussi matinal. Mais Romain ne comptait pas le boire –enfin pas tout de suite- ce cocktail. Il ne s’agissait que d’un accessoire pour sa nouvelle cover photo. La prise de la photo s’avéra plus compliquée que prévu. Romain dut d’abord se débarrasser du personnel de l’hôtel qui nettoyait la piscine. Il dut ensuite composer avec un transat récalcitrant qui l’envoya en position d’étoile de mer dorsale alors qu’il s’apprêtait à prendre la photo. Les quelques rires du personnel encore présent ne l’arrêtèrent en rien. Enfin, l’articulation orteil vs cocktail ne lui donnait pas entière satisfaction,si bien qu’il lui fallut plusieurs essais et quelques gorgées du cocktail pour arriver à une disposition photogénique. Très fier de sa production qu’il venait de poster sur Facebook, il décida de s’offrir un petit passage au bar, provoquant une nouvelle fois la stupéfaction du barman. A sa grande satisfaction, il comptait déjà près de 6 likes lorsqu’il quitta le bar pour rejoindre Lola.

doigt de pied v2

  • J+4. Un chemin escarpé dans l’arrière-pays

27 likes pour une photo de piscine et de doigts de pied. Romain n’aurait jamais pensé atteindre un tel chiffre. Un record de like explosé dont il n’est pas peu fier. Encouragé par ce succès critique, Romain ne compte pas arrêter son effort pelliculaire. Une idée lui trotte dans la tête. Une idée qui pourrait faire exploser son compteur de like. Enfin, ce n’est pas vraiment SON idée, mais il compte se laisser guider par son inspiration pour magnifier le concept de la « photo marsupilami ». Celle où les gens sautent, lèvent les bras et grimacent afin de compenser leur manque de consistance naturelle. Excitée de (par) la pellicule, Romain compte faire profiter Lola de son génie créatif. Il ne lui a pas dit, mais le but de cette balade, c’est la photo. Après quelques ronces et autres dénivelées, Romain jubile : il tient enfin son point de vue. Un magnifique panorama de la région donnant sur la mer, qu’il compte embellir par un élégant exercice de détente sèche. Un jackpot de like en perspective. Mais une nouvelle fois, tout ne fut pas simple. Il fallut d’abord convaincre Lola, qui ne partageait pas exactement son enthousiasme pour le saut de cabri photographié. Il fallut ensuite régler la fonction « réflexe », qui s’avéra plus complexe que prévu, surtout quand le mode d’emploi de l’appareil est en chinois. Enfin, il fallut trouver quelqu’un pour appuyer sur le bouton, Romain avait à la fois oublié le pied et d’apprendre le chinois (pour régler le minuteur).

saut

  • J+ 7. Sous un transat-parasol de la plage, qui affiche drapeau vert

Sur la plage, Lola a délaissé son Marc Levy. Elle n’a plus la force de lire quoi que ce soit, d’autant qu’un groupe de hollandais à pectoraux passe devant elle. Lola est pensive. Mon mec est un photomaton ambulant. Faut le voir déambuler dans le club avec son appareil photo, ses tongs et sa casquette de plouc, je suis sûr qu’ils l’ont surnommé le japonais à la réception. Il n’a même pas remarqué mon nouveau bikini. Cacahuète, pas une remarque, encore moins un compliment, c’est à peine s’il me regarde encore. Il ne m’a même pas prise en photo avec, c’est dire son degré d’intérêt pour la chose. Pourtant, il en prend des photos inutiles. Et pas qu’un peu. Hier, il m’a demandé de repenser ma technique de saut vertical à pied joint pour, je cite, « donner plus de relief »  à la photo. Après 3 heures de marche !  J’ai failli l’assommer avec ma gourde. Pour le relief.

  • J+10.   Au buffet petit-déjeuner du club

Romain : Bien dormi ?

Lola : Oui, merci (cela fait longtemps que je n’entends plus tes ronflements)

Romain : Moi, je suis en forme olympique. Une patate aussi grosse qu’un potiron. T’as vu nos like hier sur Facebook ? Pas loin de mon record.

Lola : Romain, que tu te découvres des talents de photographe, c’est génial. Mais tu ne voudrais pas lever le pied, on est en vacances quand même. J’ai l’impression de vivre avec un japonais en visite à Paris. Tu ne veux pas qu’on aille faire un tour au musée provençal cette après-midi ? il y une expo temporaire que j’aimerais bien aller voir.

Romain : Ah non merci, les expo j’ai déjà donné ! On est allé voir Dali en janvier, t’avais dit que c’était la dernière. En plus, il y a activité banana-ski à la plage, je ne vais quand même pas la rater pour aller contempler des vieilles poteries plus vieille que ta grand-mère !

Lola : Pfff !  T’as qu’à y aller à ton activité banane, il vaut mieux que j’y aille seul de toute manière. Et laisse mamie en dehors de cela veux-tu !

  • J+14. Une table remplie de fruits de mer au restaurant gastronomique du club

Pour fêter la fin de leurs vacances, Romain a invité Lola au restaurant gastronomique du club. Alors qu’il se prépare à en découdre avec une armée de crevettes, Lola est atterrée. On n’aura rien partagé ensemble de la quinzaine. Romain m’est devenu étranger, je ne le reconnais plus. Son narcissique photographique l’a transformée. Avec tous ses « likes », ses chevilles ont tellement enflé qu’il ne rentre plus dans ses tongs. Je crois qu’on a touché le fond hier soir : il a repris une photo de ses doigts de pied. Sur la plage. Avec le coucher du soleil. Un triple cliché sauce guimauve. J’ai fait un effort, je lui ai proposé mon vernis à ongle, qu’il a étonnement refusé. Il ne devrait plus tarder à accepter, avec sa nouvelle sensibilité d’artiste. Tu parles, il a la dextérité d’un soudeur fraiseur se mettant à la coiffure (l’inverse marche aussi). C’est triste à dire, mais la dernière fois ce garçon, qui s’amuse à gober des crevettes en face de moi, m’a ébloui, c’était avec son flash.

doigt de pied

  • J+15. Fin des vacances, appartement du couple

Romain n’a rien vu venir. Quelques jours après la fin des vacances, qu’il avait pourtant trouvé particulièrement réussies, Lola est partie. Un soir, en rentrant dans l’appartement, Romain découvrit que ces affaires avaient disparu. Seuls quelques habits à lui –caleçons et chaussettes- étaient encore jonchées à même le sol. Mais ils n’arrivaient pas à cacher le grand vide du départ de Lola. Sur la table, elle avait laissé un petit mot à sa destination:

rupture

 

 

 

 


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